22/10/2010

Amay : sancta Chrodoara

 

Notre circuit découverte nous conduit à la rencontre de Sancta Chrodoara, princesse mérovingienne à jamais endormie dans le choeur de la remarquable Collégiale Ste-Ode et St-Georges.

 

Campée au centre d'Amay, la collégiale a fière allure et profile sur le ciel sa silhouette caractéristique: un long vaisseau prolongé par la masse imposante de l'avant-corps, trois tours majestueuses surmontées de clochers aigus.

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Edifice de l'époque ottonienne, l'église a été bâtie vers 1089. Elle a remplacé une église du Haut Moyen Age, elle-même superposée à un lieu d'occupation romaine.

 

Elle a subi au cours des siècles de nombreuses transformations. Des bâtiments primitifs il ne subsiste que peu de choses: la haute nef, percée sur chaque face de cinq fenêtres en plein cintre, et les deux tours latérales dans leur plus grande partie. La tour centrale ne s'est élevée qu'à partir de 1525.

 

Une restauration complète du bâtiment, aussi bien extérieure qu'intérieure, a été effectuée de 1998 à 2001.

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Les trois tours ont été redressées ainsi que les clochers, les fondations consolidées ( le sol stable se trouve à une profondeur de 18 m), les toitures refaites, les pierres défectueuses réparées, les murailles nettoyées, l'horloge et les boiseries remplacées, les abords aménagés.

 

L'intérieur a trouvé un nouvel éclat par un revêtement blanc qui met en valeur volumes et découpes, peintures, statues et mobilier sacré.

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Un chemin de croix de 15 stations, œuvre du peintre amaytois Georges Leplat, a été mis en place récemment.

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Au centre du choeur, par une large ouverture vitrée, on peut admirer, là où il fut découvert en 1977, le sarcophage de Sancta Chrodoara, véritable chef d'oeuvre de l'art mérovingien.

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Cette découverte est le fruit du hasard, un hasard quelque peu forcé. Alors qu’on savait que les fondations du village gallo-romain, sous la place actuelle d’Amay, se prolongeaient sous la collégiale, personne n’avait jamais autorisé de fouilles dans le lieu saint. L’abbé Léon Ledent, féru d’archéologie, sera l’initiateur des premiers coups de pioche, début des années 70. "L’abbé profita d’un problème d’humidité à l’endroit des trois marches qui menaient au chœur de l’édifice pour enclencher des travaux et faire entrer par la même occasion les archéologues". Le sarcophage fut retrouvé vide, les reliques de la sainte ayant été transférées dans la châsse vers le 12e siècle. Une châsse qui constitue d’ailleurs le second fleuron du patrimoine amaytois.

 

 

La silhouette de Sancta Chrodoara est représentée sur le couvercle, gravée dans de la pierre calcaire des environs de Saint-Dizier. Et il met en valeur d’incontestables qualités artistiques. Ainsi, la partie supérieure montre un personnage féminin, vêtu d’une longue robe et portant un bâton à la main droite. Le dessin est remarquable et la gravure est toute de finesse.

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Il s'agit, en effet, du seul sarcophage à figure humaine de l'époque mérovingienne que l'on connaisse en Europe. Il comporte deux inscriptions identifiant la défunte. C'est Chrodoara, veuve du duc Bodegisel, fils de Mummolinus de Soissons, et tante d'Adagisel-Grimo, clerc de l'église de Verdun et membre d'une famille noble franque du sud de Trève, les Chrodoin. Ce dernier, dans son testament daté de 634, mentionne que Chrodoara a reçu sa sépulture dans l'église d'Amay et l'une des deux inscriptions précise que la défunte a fait d'importantes donations à la communauté dont elle était vraisemblablement l'abbesse après le décès de son mari.

 

Sur le couvercle du sarcophage, Chrodoara - qui jouit encore d'un culte local sous le nom de Sainte-Ode - est représentée dans une longue robe et tient dans la main un bâton pastoral, insigne de la dignité. Le reste du couvercle et les côtés sont ornés d'entrelacs de type insulaire et de rinceaux du style de l'hypogée des Dunes à Poitiers, datant du VIIe siècle. Exécuté au cours de ce siècle ou dans la première moitié du siècle suivant, le sarcophage de Chrodoara est chargé d'histoire et lourd de signification pour l'étude de l'évolution des clans d'Austrasie à l'époque mérovingienne.

 

C'est l'oeuvre d'art la plus spectaculaire du Haut Moyen Age conservée en Belgique.

 

 

Pour compléter:



http://www.amay.be/index.php?Itemid=66&id=63&option=com_content&task=view



http://www.tourisme-hesbaye-meuse.be/fr/patrimoine-architectural-an/patrimoine-religieux-et-abbayes/eglise-st-georges-et-ste-ode.html

http://www.angelfire.com/az/univers/Sarco.html



http://www.belgiumview.com/belgiumview/tl2/view0000381.php4



http://www.wallonie-en-ligne.net/1995_wallonie_atouts-references/1995_ch13-1_stiennon_jacques.htm



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