19.10.2009
Le Comminges
Pour notre dernière journée dans les Pyrénées, nous décidons de rejoindre Saint-Bertrand-de-Comminges.
Un premier arrêt dès le départ pour photographier l'église Saint-Nicolas de Surba, caractéristique du premier art roman méridional. Masse imposante avec un clocher-mur, l'église est édifiée sur le bout de la moraine glaciaire.

Tarascon-sur-Ariège est un endroit propice pour quelques achats et quelques photos.

Nous rejoignons rapidement Saint-Girons après un petit détour pour voir l'abbaye de Combelongue, de l'ordre des Prémontrés fondée en 1138 par Arnauld, comte de Pallars. Au plan architectural cette abbaye romane est l'un des rares témoins de l'influence mudejar dans la région. L’abbaye aurait compté une centaine de religieux. Endommagée durant les guerres de religion, l’abbaye périclite et sera pillée et incendiée à la Révolution.

Nous remontons ensuite les vallées de la Lez et de la Bouigane, dans le Couserans.
Au passage, nous apercevons l'église Notre_Dame de Tramezayques à Audressein.
L'édifice «en tram dos aygues» en occitan signifiant «entre 2 eaux» puisque situé au confluent de la Lez et la Bouigane, est inscrite au patrimoine de l'UNESCO.

L'existence du sanctuaire remonte donc au début du 2e millénaire et il est doté d'un portail d'enceinte daté du XIII° s. Son porche extérieur est peint.

Au-delà d'Orgibet, la route devient plus étroite et plus sinueuse pour monter à l'assaut du col de Portet d'Aspet (1069 m), bien connu des coureurs du Tour de France. La descente est vertigineuse. En 1995, le coureur italien Fabio Casartelli devait y trouver la mort. Un monument commémore ce funeste accident.
Via le col de Buret et le col des Ares, nous atteignons Frontignan-de-Comminges, notre ville-étape.
Saint-Bertrand-de-Comminges n'est qu'à un pas qui est vite franchi..
Au pied de la ville, la basilique Saint-Just de Valcabère, isolée au milieu des champs. L'édifice a été bâti aux XI° et XII° s., en bonne part avec des matériaux provenant de la cité antique de Lugdunum Convenarum fondée par Pompée, au retour d'une campagne victorieuse en Espagne.

Ce qui fait l'originalité de cette église, c'est son chevet en « relief creux », évidé de niches triangulaires encadrant un réduit central. Ceci est un rare exemple de l'architecture romane où le constructeur a laissé libre cour à se fantaisie à l'extérieur de l'édifice.

Cerné par un arc décoré de trois rangées de damiers, le tympan est orné d'un christ en majesté inscrit dans une mandorle. Il est encadré par les quatre évangélistes. L'ébrasure abrite quatre statues gothiques foulant au pied une chimère et surmontées chacune d'un chapiteau.




A l'intérieur, on remarque les fragments (sarcophages, frises) enchâssés dans les murs, qui rappellent la proximité de la ville romaine.

Par exemple, les colonnes des absidioles.


Le choeur abrite un bien curieux baldaquin gothique ornés de deux statues polychromes.


Pour conclure, nous voilà en présence d'une architecture pleine de contradictions laissant ouverte toutes les interprétations.

De cet endroit, la vue sur Saint-Bertrand de Comminges et la cathédrale Sainte-Marie est saisissante.

Dressée sur un piton rocheux avec pour toile de fond les premières hauteurs du piémont pyrénéen et ceinturée de rempart, la ville domine le bassin de la Garonne.
Elle est traversée de ruelles, peuplée d'artisans, plantée de boutiques et de vieilles maisons à colombage.

La cathédrale comprend une partie romane: la façade, le porche et les trois travées occidentales.
Sur le tympan, l'évêque Saint-Bertrand nous accueille avec la Vierge recevant les présents des Rois Mages. Sur le linteau, les douze apôtres. La sculpture du portail se rapproche de celle de la porte Miégeville (Saint-Sernin, Toulouse).


Le cloître a été remanié du XII° au XIV° s. Les chapiteaux de trois des galeries sont soutenus par des colonnettes jumelées en marbre blanc de Saint-Béat ou en marbre rose.

La galerie des chapiteaux historié date du XII° s. Les imagiers de cette époque expriment la connaissance du Bien et du Mal, le spirituel et le matériel.
On y distingue:
des dragons ailés s'attaquant aux femmes et terrassés par les hommes
un chapiteau de la Genèse
au-dessus des évangélistes, le calendrier des saisons
des chevaux harnachés.


A l'intérieur, on distingue trois constructions d'époques et de style différents: romane, gothique et renaissance.

Ainsi, on s'attarde sur les stalles renaissance du XVI° s.


Ou encore, sur le magnifique gisant de l'évêque Hugues de Castillon (XIV° s) dont il faut souligner la finesse et la précision de la sculpture dans du marbre blanc de Sain-Béat. On se rapproche du travail des ateliers flamands dans les modèles bourguignons du XVI° s.


Plus loin, le mausolée de Saint-Bertrand orné de peintures « à la détrempe » relatant les épisodes de la vie de cet évêque thaumaturge.

Enfin, le buffet d'orgue du XVI° s. supporté par cinq colonnes . Exemplaire unique en Europe, il a été brillamment restauré et compte actuellement parmi les meilleurs orgues classiques.


Pour compléter:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Surba
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tarascon-sur-Ari%C3%A8ge
http://ariege-catholique.cef.fr/site/130.html
http://vppyr.free.fr/pages_pat/vpp_pat16_audressein.htm
http://www.midi-pyrenees.biz/mp/ariege/ariege_abbaye_de_combelongue.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Saint-Just_de_Valcabr%C3%A8re
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/histgeo/monog/stbertr/valca.htm
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/histgeo/monog/stbertr/vportail.htm
http://www.cathedrale-saint-bertrand.org/basilique-saint-just.html
http://www.cathedrale-saint-bertrand.org/
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/histgeo/monog/comminge/garderom.htm
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/histgeo/monog/stbertr/
10:06 Écrit par Papylou dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, sain-bertrand de comminges, saint-just de valcabrere


