09.07.2010
Auvergne - 3
Vendredi 18 juin
Le temps ne s'améliore pas.
Nous jouons avec les éclaircies pour visiter le nord du Bourbonnais: Souvigny, St-Menoux et Moulins.
Une dizaine d’années après la fondation de l’abbaye de Cluny, Souvigny devient l’une des premières dépendances de l’abbaye bourguignonne et ce lien s’accentue avec Saint Mayeul et Odilon, 4ème et 5ème abbés de Cluny, qui meurent et sont enterrés à Souvigny.
Souvigny ne cessera d’accroître son influence sur le Bourbonnais. Son église prieurale deviendra un centre de pèlerinage fréquenté au Moyen Age, et la capitale spirituelle des Bourbons.



L'église de Souvigny est le St-Denis des ducs de Bourbon. Elle abrite, dans les chapelles vieille et neuve, les sépultures des Ducs Louis II, Jean 1er, François de Bourbon-Montpensier, Charles 1er, Jean II, Pierre II, son épouse Anne de France, leur fille Suzanne, son mari le Connétable de Bourbon et plus récemment (1934), Sixte de Bourbon, duc de Parme.



C'est une étape sur le chemin auvergnat, reliant la via Podiensis à la via Lemovicensis, emprunté par les pèlerins de Saint-Jacques.

Le village de St-Menoux abrite l'un des plus beaux sanctuaire du Bourbonnais. C'est l'ancienne abbatiale d'un couvent de Bénédictines fondé au Xème siècle.
Chef d'oeuvre de l'art roman, l'église-abbatiale assemble les décors antique de l'influence clunisienne et bourguignonne et le style auvergnat par l'étagement parfait des toitures du chevet qui rappelle les églises romanes majeures auvergnates comme Notre-Dame-du-Port à Clermont ou encore Saint-Nectaire.



Ses chapiteaux présentent des sculptures très élégantes: entrelacs, vanneries, feuillages, palmettes, têtes d'anges, griffons buvant à un même calice.


Elle est connue pour le tombeau qu'elle renferme « La Débredinoire », qui aurait selon la légende le pouvoir de guérir les simples d'esprits, les « bredins » en langage bourbonnais, lorsqu'ils passent la tête dans l'ouverture du sarcophage..
A la mort en terre bourbonnaise de l'évêque irlandais Menulphe, vers le VIIe siècle, son fidèle serviteur, Blaise, simple d'esprit (bredin en parler local), entreprit de percer un trou dans le flanc du sarcophage du saint homme, afin d'y passer la tête pour honorer une fois de plus le vénéré prélat. La légende dit que Blaise en serait ressorti "débrediné" grâce à un ultime miracle du défunt... Depuis, le village de Saint-Menoux est devenu lieu de pèlerinage, et il est de bon ton de passer la tête dans la débredinoire afin d'y abandonner sa folie. Mais attention, ne pas toucher la pierre du sarcophage avec sa tête, sinon l'on hérite de la bredinerie des autres !

Moulins demeure la tranquille capitale du Bourbonnais.
La cathédrale Notre-Dame abrite le très célèbre triptyque du maître de Moulins réalisé pour le compte de Pierre II et Anne de Beaujeu.


Le triptyque présente sur le panneau central, la Vierge tenant l'Enfant sur ses genoux et entourée d'anges qui la couronnent. Assise sur un trône inscrit dans un halo d'or formant gloire et entouré par un arc-en-ciel, l'Immaculée Conception surmonte un phylactère qui porte l'inscription de l'Apocalypse : « Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête ».
Les commanditaires de l'oeuvre, Pierre II de Bourbon et son épouse Anne de France, en costume ducal, sont figurés agenouillés sur la face interne des volets. Accompagnés de leur fille Suzanne, ils sont présentés par saint Pierre, en habit pontifical, et par sainte Anne. Suzanne paraît avoir sept ou huit ans, ce qui a permis de situer la création du triptyque vers 1498-1499

Autre curiosité: le Jacquemart, beffroi surmonté d'une charpente couverte et d'un campanile abritant les cloches et les automates qui rythment la vie de la cité. Le père Jacquemart, en uniforme de grenadier et sa femme Jacquette sonnent les heures tandis que les enfants Jacquelin et Jacqueline égrènent les demies et les quarts.

Le Grand Café, café-brasserie sur la place d'Allier, est l'un des plus beaux de France. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques, il a conservé sa décoration de 1899. De style Art nouveau, sa devanture de boiseries, ses murs entièrement habillés de miroirs dont les reflets combinés déploient l'espace à l'infini, sa pendule et son baromètre sont formidablement conservés.


Pour compléter:
http://www.moulins-tourisme.com/fr/decouvrir/souvigny/souvigny.htm
http://www.art-roman.net/souvigny/souvigny.htm
http://www.narthex.fr/blogs/abbaye-de-cluny-910-2010/le-prieure-de-souvigny
http://www.sitesclunisiens.org/article.php?sid=199
http://www.art-roman.net/stmenoux/stmenoux.htm
http://www3.ac-clermont.fr/pedago/arts/ressources/a_visiter/maitre_de_moulins.htm
http://triptyquemoulins.free.fr/
10:25 Écrit par Papylou dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art roman, vacances, auvergne, allier, moulins, souvigny, bourbonnais, st-menoux


